Entrevue avec Alp Altiner

Alp Allan Altiner est un artiste de concept basé à Montréal. Il a été formé par le légendaire matte painter Syd Dutton. Il traîne derrière lui plus de 15 ans d’expériences de travail dans les domaines du film, des jeux vidéos, de la publicité et de la bande dessinée. Il a travaillé sur Superman Returns, 300 et Les Immortels. Il est aussi le fondateur de VFX Workshops et VFX Art Portal.

Comment avez-vous commencé votre carrière?

J’ai obtenu mon premier contrat en art grâce à mes parents, à ma mère plus spécifiquement. Ma mère était une aquarelliste très talentueuse. Elle a produit beaucoup de peintures lorsqu’elle était en Italie. Mais elle n’était pas une artiste professionnelle, juste une mère qui adorait l’art. Et mon père était d’un grand soutien. Il m’a acheté toutes sortes de carnets de croquis et de livres techniques. Et je pense que c’est l’influence de mon père qui m’a aidé à entreprendre l’art sérieusement. Je me souviens la première fois qu’il m’a emmené acheter des bandes dessinées. Je me disais « Oh mon dieu, c’est incroyable! » J’ai pris quelques titres, Spiderman, Superman et Batman. C’est les bandes dessinée qui ont vraiment changé ma vie. J’ai su à ce moment que je voulais dessiner. J’étais trop jeune pour savoir que je voulais devenir un artiste de bande dessinée mais je savais que je voulais dessiner. J’étais vraiment émerveillé par la structure anatomique et la façon qu’avaient les gens de dessiner des figures de façon réalistes.

J’ai entendu dire que vous adorez la musique aussi. Comment jonglez-vous avec vos deux passions?

Mes parents nous ont beaucoup fait voyager, j’ai donc été exposé à différentes cultures. Ces expériences m’ont ouvert les yeux sur les arts et la musique. À l’âge de 13 ans environs, la musique a pris le dessus et j’ai passé les cinq années suivantes devant un clavier ou un piano. J’étais grandement influencé par la musique électronique, que je produis toujours aujourd’hui. Quand je suis retourné au dessin, j’ai fini par combiner les deux ensemble. Certaines personnes n’aiment pas écouter leur propre musique, mais je n’avais pas ce problème puisque je composais de la musique que j’aimais. J’aime la musique qui force les gens à danser. J’ai été DJ à Los Angeles pendant un an et je me retrouvais à écouter ma musique en dessinant. C’était une expérience très intense.

 

Comment avez-vous réussi à percer?

Comme je l’ai mentionné, j’ai toujours dessiné mais à un certain point, je me suis rendu compte que mon art n’était pas encore présentable. Je me suis rendu compte que ce que je faisais n’allait pas me permettre de trouver un emploi. C’est un défi auquel tous les artistes doivent faire face. Vous pouvez avoir du potentiel, mais tant qu’un maître ou un artiste professionnel établi n’a pas jeté un coup d’œil à votre travail, vous n’avez aucune idée de la valeur de ce que vous créez. J’ai toujours été très orienté vers le côté commercial de la chose et je me suis donc demandé ce que je devais faire par la suite. J’ai commencé à m’intéresser aux artistes de BD du moment. J’ai passé quatre ans à attendre en ligne à San Diego pour demander à des compagnies de me donner du travail mais ma première opportunité m’a été offerte par Jim Valentino de Image Comics. C’était ma chance. De là, on m’a suggéré d’essayer l’art du jeu vidéo. J’ai commencé à faire des christian games (jeux chrétiens ?) dans des petites compagnies. C’était un environnement très tranquille. Le bureau était au bord de la plage. C’est là que j’ai été introduit à After Effects. Wow, ça a changé ma vie. Je pouvais bouger et animer des choses. Le propriétaire de la compagnie était très à l’aise financièrement ce qui fait qu’on a eu l’occasion de jouer avec différents outils, caméras et équipements techniques. Et j’ai toujours eu ce désir, ce besoin d’aborder de nouveaux défis. Alors des jeux, je suis passé aux films. Et j’ai travaillé pas mal exclusivement dans l’industrie jusqu’au moment où j’ai aménagé à Montréal et que j’ai commencé à travailler sur les jeux vidéos à temps plein.

 

Quel genre de poste occupiez-vous dans le domaine du film?

Mon premier emploi dans le film était avec Digital Domain. Je suivais un cours à UCLA avec un professeur nommé Eric Hansen, un matte painter très connu. Il a vu du potentiel dans mon travail et il m’a aidé à obtenir une entrevue avec Digital Domain. J’y ai travaillé comme concept artist et modeleur 3D.

 

Quel a été le premier projet sur lequel vous avez travaillé?

Mon premier projet était le film « Le Jour d’Après ». Roland Emmerich, le directeur, avait vu une partie de mon travail et avait vraiment aimé une image que j’avais faite de la ville en destruction. C’était à ce moment que mon nom a commencé à circuler et que les gens voyaient qui j’étais. Et puis ils ont vu mes modèles 3D et j’ai continué à faire dans le film en ayant plus de liberté. Si vous êtes un bon artiste et que vous êtes passionnés, les gens vous laissent faire plus d’une chose. Vous devez juste établir une bonne relation avec les compagnies avec lesquelles vous travaillez.

Merci Alp de nous avoir accordé cette conversation!

Voir le podcast ici: Épisode 8: Alp Altiner (Concept Artist, Artist BD, VFX Art Portal)

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